Cette innovation consiste à intégrer l'agriculture régénératrice aux systèmes coopératifs afin de favoriser son adoption à grande échelle et d'en maximiser l'impact. Des pratiques telles que le compostage, la rotation des cultures et l'agroforesterie restaurent la santé des sols, améliorent la biodiversité et renforcent la résilience, tout en réduisant les coûts et en améliorant la sécurité alimentaire. Les coopératives offrent des infrastructures partagées, des formations, des démonstrations et un accès aux intrants, tandis que l'organisation collective facilite l'accès aux marchés. Ce modèle réduit les obstacles à l'adoption, crée des incitations et permet aux agriculteurs d'opérer une transition vers une agriculture durable qui garantit une productivité et une résilience à long terme.
Les petits exploitants agricoles d'Oromia sont confrontés à une baisse de la fertilité des sols, à une diminution des rendements, à une exposition accrue aux ravageurs et aux maladies, ainsi qu'à une flambée des coûts des intrants chimiques. Ces pressions fragilisent la productivité et la résilience, rendant les agriculteurs vulnérables aux chocs climatiques et aux fluctuations du marché. Pour la Fédération des coopératives agricoles d'Oromia (OACF), ces difficultés se traduisent par des volumes d'approvisionnement plus faibles et plus instables, affectant directement l'efficacité du regroupement, la fiabilité du marché et la compétitivité globale de la fédération. Bien que les pratiques régénératrices offrent des solutions, leur adoption est lente et fragmentée en raison d'obstacles tels que l'accès limité aux connaissances, aux incitations, aux intrants et à un soutien structuré. Les coopératives peinent souvent à mobiliser des ressources auprès de leurs nombreux membres, ce qui rend leur mise à l'échelle difficile. Pour y remédier, l'OACF intègre l'agriculture régénératrice dans les systèmes coopératifs, en créant des sites de formation et de démonstration, en fournissant des intrants et des plants, en facilitant le partage des connaissances et en promouvant la commercialisation des activités de compostage et de lombricompostage.

Grâce à un approvisionnement régénératif, l'OACF garantit la pérennité de ses fournisseurs. En préservant la santé des sols et la biodiversité, l'OACF assure à ses exploitations membres des volumes d'approvisionnement constants et fiables. Ceci permet de réduire la dépendance aux engrais chimiques d'environ 20 %, d'améliorer les rendements d'environ 15 % et d'accroître les volumes d'approvisionnement de 10 à 12 %, renforçant ainsi la résilience de l'OACF sur les marchés nationaux et régionaux.
En adoptant des pratiques d'approvisionnement régénératrices, OACF se conforme aux nouvelles exigences réglementaires, telles que les réglementations européennes sur la déforestation et le devoir de vigilance. Cette approche proactive réduit l'exposition aux sanctions pour non-conformité, minimise les risques d'atteinte à sa réputation et garantit que la coopérative reste préparée aux évolutions politiques futures.
L’intégration de l’agriculture régénératrice à sa structure positionne l’OACF comme un chef de file de l’agro-industrie climato-intelligente. Cette démarche a déjà permis de nouer des partenariats avec des organisations nationales et internationales œuvrant pour le climat et d’attirer des engagements d’investissement de la part de multinationales.
Les petits exploitants agricoles dépensent de 20 % à 30 % de moins en produits chimiques grâce à l'utilisation de compost, de fumier et d'intrants locaux, ce qui rend leurs exploitations plus autonomes.
Des sols plus sains et des cultures diversifiées permettent aux agriculteurs d'obtenir des récoltes régulières année après année sans épuiser les terres ni l'eau, contribuant ainsi à une augmentation des rendements de 15 à 20 %.
Les arbres fruitiers et les cultures mixtes permettent de diversifier les produits à vendre, réduisant ainsi la dépendance à une seule culture et stabilisant les revenus.
Le compostage et le travail réduit du sol restaurent la fertilité des sols en augmentant la teneur en matière organique et l'activité microbienne. Il a été démontré que l'application à long terme de ces pratiques accroît la matière organique du sol de 10 à 20 %, renforçant ainsi le cycle des nutriments et réduisant l'érosion.
L'amélioration de la structure du sol grâce au compostage et à la réduction du travail du sol favorise l'infiltration et le stockage de l'eau. Des études font état d'une augmentation de 15 à 25 % de la capacité de rétention d'eau, ce qui réduit le ruissellement et aide les écosystèmes à mieux résister aux périodes de sécheresse.
Ces informations proviennent du système de suivi interne d'IDH. Des entretiens ont été menés auprès de l'entreprise, de ses dirigeants et des agriculteurs depuis le début de l'assistance technique (2024), période durant laquelle l'innovation est testée et déployée à plus grande échelle. Un délai plus long et des données supplémentaires sont nécessaires pour vérifier et quantifier les impacts.